La petite communiste qui ne souriait jamais

J’avais lu Lola Lafon avec Chavirer, et j’étais passée à côté. Mais j’ai voulu retenté car le Podcast Bookmakers m’a totalement convaincu et en entendant l’autrice sur les 3 épisodes je me suis dit qu’il fallait absolument que je la relise. J’ai donc pris 2 ouvrages à Brive, dont La petite communiste!
Ouvrage important de l’autrice, ce récit est en partie fictif, en partie réel et nous conte la vie de Nadia Comaneci de son enfance en 1969 jusqu’à 1989. Le récit alterne entre une conversation fictive de l’autrice et Nadia, une partie romancée de son parcours, ainsi que quelques témoignages.
Je l’ai écouté en voiture et j’ai adoré! La narratrice est génial et sa voix est assez proche de celle de l’autrice.
Je ne connaissais Nadia Comaneci que de nom, je savais que c’était une gymnaste, point. Je découvre donc que c’est elle qui a eu 10 aux J.O. de Montréal en 1976 et a fait buggué les ordinateurs car jamais un 10 n’avait été mis. On aperçoit une petite roumaine de 14 ans, haute comme trois pommes, sans sourire, mais sûre d’elle, avec un aplomb et une précision incroyable. S’en suit une rétrospective de son parcours avec son coach Bella qui forme des gymnastes roumaines dans un contexte où la Roumanie est totalement inconnue au bataillon.
J’ai été sidérée par les épreuves et l’entraînement des jeunes filles, la rage, la volonté de perfection. Puis le déclin. Mais pas un déclin par manque de talent. Un déclin car Nadia est une jeune fille qui va devenir une femme, et va développer une « maladie » comme elle le dit avec ses amies, cette maladie c’est la puberté. C’est terrible de voir ce rapport au corps si élitiste, si violent, et le rapport au monde extérieur, au public, aux médias. L’image de Nadia est un immense symbole pour la Roumanie, un pays gouverné par le dictateur communiste Ceausescu.
J’ai adoré ce roman. C’était passionnant. Choquant et révélateur de ce qu’a pu vivre Nadia Comaneci et les athlètes de cette époque.
La plume est enlevée, brutale, rigoureuse par moment et aussi dure qu’elle est poétique, tel le corps d’une gymnaste.
Je vous recommande grandement ce livre!

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