
Titre: L’été circulaire
Autrice: Marion Brunet
Editions Livre de poche, 256 pages
Résumé
Fuir leur petite ville du Midi, ses lotissements, son quotidien morne : Jo et Céline, deux sœurs de quinze et seize ans, errent entre fêtes foraines, centres commerciaux et descentes nocturnes dans les piscines des villas cossues de la région. Trop jeunes pour renoncer à leurs rêves et suivre le chemin des parents qui triment pour payer les traites de leur pavillon.
Mais, le temps d’un été, Céline se retrouve au cœur d’un drame qui fait voler en éclats la famille et libère la rage sourde d’un père impatient d’en découdre avec le premier venu, surtout s’il n’est pas « comme eux ».
Mon avis
Merci au Livre de poche pour l’envoi de ce livre, et à Marine pour la lecture commune!
Je n’attendais rien de spécial de ce roman, mais j’ai été très agréablement surprise, même touchée en plein cœur!
Dans ce court roman, nous suivons deux sœurs, Johanna et Céline, quinze et seize ans, dans le feu de l’été, les premiers émois amoureux, la jeunesse légère… pourtant dès le premier chapitre le ton est donné, ce roman sera violent, puissant, cru, et vrai.
Johanna a commis une grosse erreur, et visiblement elle s’en fout. Elle vit sa vie, fait la gueule à ses parents, à moitié à sa sœur, et ne semble pas se rendre compte des choses. La famille de Jo et Céline est décousue, une mère passive, un père violent, des mots durs, une éducation pas toujours là, bref, les frangines ont dû faire leur apprentissage seules.
Je n’ose pas vous en dire plus de peur de vous en dévoiler trop. Il faut vraiment passer le premier et même le deuxième chapitre pour comprendre dans quel roman le lecteur va plonger. Car oui, vous allez plonger. Au cœur de ce petit bled du Sud de la France, dans cette famille bancale, avec ces sœurs paumées et surtout avec Jo qui va vivre quelques mois très particuliers.
Marion Brunet mérite totalement le prix littéraire qu’elle a eu, car franchement j’ai été bouleversée. Par la plume d’abord, si réaliste, sans filtre, qui nous balance ces vies brisées à la figure. Ces liens qui unissent les deux sœurs à la mère, le père et ses fréquentations pas toujours recommandables, et ces sœurs qui vivent leur vie, font aussi des rencontres qui ne plaisent pas du tout aux parents, bref, la Vie qui se déroule dans ce roman.
En moins de 300 pages, l’autrice pose un décor contemporain totalement immersif, et nous accapare le cœur, avec des personnages forts et des situations quotidiennes qui peuvent paraître banales mais si bien décrites.
J’ai vraiment adoré ce roman, le milieu m’a bouleversé, chaque évènement a retenti fort, et la fin m’a beaucoup touchée et m’a presque fait penser à La joie de vivre de Zola, avec ce leitmotiv’ du « malgré tout, la vie continue… ». Et c’est exactement ce que l’on ressent dans ce livre. Tout continue, malgré tout, malgré nous, malgré ce qu’on a vécu et les erreurs commises, certains seront toujours là, d’autres auront disparu, et des secrets ne seront jamais révélés…
Conclusion
Un coup de cœur pour un coup au cœur avec ce roman et cette histoire qui m’a beaucoup marqué. Peut-être que certains y verront une simple histoire qui ne casse pas trois pattes, et tant mieux, chacun a son ressenti, mais j’espère que vous ne ressortirez pas le/la même de cette lecture.