Elle a menti pour les ailes

Elle a menti pour les ailes

Titre: Elle a menti pour les ailes

Autrice: Francesca Serra

Editions Anne Carrière, 472 pages

Résumé

Au milieu des années 2010, dans une petite ville du Sud en bord de mer, Garance, la fille sans histoire d’une professeure de danse, regarde le monde sur son écran. Et le monde la regarde. À part se prendre en photo, il n’y a rien à faire ici. Jusqu’au jour où elle attire l’attention d’un cercle très fermé d’adolescents plus âgés. Pour l’intégrer, elle est prête à tous les sacrifices. En échange, ils l’initient au secret, à l’art de l’ennui, à la férocité de la meute.

Quelques mois plus tard, Garance disparaît.

Mon avis

Merci aux Editions Anne Carrière pour l’envoi de ce livre.

Dès la première page ce livre m’a appelé. La mère est prof de danse, la fille est une ado un peu blazée. Il ne m’en fallait pas plus. Et pourtant j’ai eu encore plus!

Nous découvrons l’histoire de Garance, quinze ans, qui rentre au lycée, à notre époque. Qui dit notre époque, dit aussi cette génération Z, qui a grandit avec le numérique, Facebook, les réseaux sociaux et tout ce qui va avec , de bon et surtout de mauvais.

Garance veut se faire une place au lycée, elle veut briller, elle veut exister auprès de ses filles qui ont déjà une solide réputation, et où tout se joue grâce à Snap, Insta, et où chacun doit buzzer pour se faire connaître.

Sauf qu’un jour, Garance dérape, et elle le paiera très cher…. Elle voudra se faire toute petite, au point de disparaître totalement… de s’effacer…

Ce roman m’a bouleversé. Par son personnage de Garance tout d’abord. Je me suis tellement reconnue en elle. Je pense que si j’avais grandit avec les réseaux sociaux je n’aurais clairement jamais eu mon bac, et j’aurais pour sûr voulu moi aussi briller à travers Facebook et Insta. Lorsqu’on lit ce livre avec des yeux d’adultes, on prend le bon recul pour voir quel ado on aurait pu être si nous avions été nous aussi cette génération Z, pourtant si proche de nous. Ce sont nos enfants pour certains, et je pense que c’est pour cela que l’on s’identifie autant à Garance.

Ana également m’a beaucoup parlé. Cette femme prof de danse, qui vit pour sa passion, qui a même monté son école de danse. Elle instaure un code, des règles pour sa fille, qui elle aussi fait de la danse, normal, on va dans l’école de maman! Oui mais voilà, les règles sont faites pour être détournées, et comme tous les ados, Garance fera tout pour aller à l’encontre de sa mère.

Certains passages de ce livre mettent tellement bien en lumière cette génération Z, ce besoin d’exister à travers des RS.

« Google leur a donné l’univers en image. Facebook leur a appris à se considérer eux-même comme des images. Et c’est des petits capitalistes, ils savent qu’elles ont un prix ces images.Que ce qui fait leur valeur c’est leur visibilité. Plus on est haut sur la page, plus on est visible. (…) On s’attendait à quoi? À ce qu’ils découvrent les confins de l’univers, les vaccins contre tout, les secrets de la cryonie? D’ailleurs c’est bien connu, on fait des enfants pour être immortels. Mais eux, ils s’en foutent hein. De toutes façon, quand le monde explosera, ils partageront des vidéos de chats. »

Bref, vous l’aurez compris, ce livre est une claque en tant que lectrice, en tant qu’ancienne ado pas digérée et en tant que prof de danse. D’ailleurs, un immense merci à l’autrice de citer une chorégraphe contemporaine, Kaori Ito, dans son roman, car peu de livres parlent de danse contemporaine et là elle le fait très bien puisque sa création « Je danse parce que je me méfie des mots », reflète parfaitement la scène du livre où elle est citée. Merci!

Un tout petit bémol pour la fin que je n’aurais pas imaginé ainsi, j’aurais préféré autre chose, mais c’est personnel.

Conclusion

Une superbe claque, une histoire poignante qui parlera à tous, et une belle prise de conscience sur le danger des réseaux sociaux! Une vraie réussite! Un coup de cœur!!

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